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Grosbois Bastian

L’IMPLANTATION DU COLZA : ENTRE SÉCHERESSE ET BESOIN DE CROISSANCE

Alors que les pluies se font de plus en plus rares, nombreux sont les agriculteurs qui préparent leurs sols pour l'implantation du colza. Faut-il semer ou pas? Une décision difficile à prendre cette année. En effet, cela est dû au caractère réactif à avoir pour s’approprier les fenêtres climatiques favorables. Une erreur, et c'est toute sa culture qui prend chère. La croissance du colza est liée à une bonne implantation. Comment y parvenir avec les sols secs ?





Réussir son semis de Colza sur des sols secs



Chaque année, le nombre d'hectares cultivés en colza ne cesse d’augmenter. Ils sont nombreux ces agriculteurs qui se lancent dans le semis de colza. Néanmoins, les rendements sur l‘oléagineux a été faible ces dernières années. C’est dû à l’impact qu’a la sécheresse sur les cultures. Les conditions climatiques ainsi que la pression des ravageurs font limiter un peu plus les surfaces cultivées des oléagineux. Il est pourtant signifié que le colza résiste au stress hydrique de 2 à 3° C supérieure à celui du blé par exemple. Que faut-il pour implanter du colza pendant la sécheresse?



La date de semis importante pour une résistance au stress hydrique



Une étude a montré que les semis précoces (surtout en sols argileux) sont à même de résister à la sécheresse et aux ravageurs. La réponse à faut-il semer ou pas est toute trouvée. Les sols argileux sont ceux les plus touchés par l’assèchement. Y implanter le colza dès début août présente des plantes plus robustes que celles semées le 30 août. Le but est de garder une certaine fraîcheur des sols avant le semis afin de permettre la réussite de l’implantation. Quelques conseils pour la réussite d’un semis de Colza en sécheresse.



Il faut pratiquer le déchaumage au plus près de la récolte du précédent, et le tout, en non-labour. Le sol doit être prêt assez tôt. Afin d’éviter la réhumectation et le rappuyage du sol. Il faut également limiter les travaux du sol en interculture. Cela permet d’éviter l’assèchement des sols et de semer le colza dans le sec avant l’arrivée des pluies. Effectuer un test bêche juste avant le semis est important, car il permet de se renseigner sur l’état du sol et l’usage des différents outils pour le travailler. En sommes, il en ressort que la date de semis du colza est une donnée importante dont il faut tenir compte. Ne pas hésiter à semer tôt, même dans le sec.



Selon les conditions locales, il faut semer 30 à 60 graines/m². Les semis d’hybrides permettent des densités ajustées. Il est également important de semer à 2 cm de profondeur. C’est bénéfique pour la germination de la plante. Rechercher un lit de semences optimal est essentiel. Favoriser les semences hybrides aux semences de ferme pour leur productivité et les assurances qu’elles procurent. En ce qui concerne la date de semis, il est donc essentiel que le sol soit asséché, correctement préparé, et la graine doit être positionnée en fonction de l’état hydrique du sol.



Préparation des sols



On peut semer le colza en terrain sec comme en terrain irrigué. En terrain sec, on peut obtenir facilement une production de 2 200 kg/ha. L’élément clé de cette production est d’assurer une bonne implantation afin d’entrer dans l’hiver avec des plantes de bonne taille. Le colza nécessite des sols profonds. Ils doivent être bien drainés avec une bonne structure. Afin d’acquérir une bonne levée, il faut tenir compte de la qualité du terrain et utiliser le semoir adapté. La préparation du sol est sensiblement identique à celle effectuée pour les céréales. La principale différence est que le colza, avec sa racine pivot, est plus sensible à la compaction en profondeur. Il est également sensible à la formation d’une croûte de surface mais ce problème peut être évité en semant sur sol humide. Il faut éviter de trop travailler le sol pour une meilleure implantation du colza.



L’intérêt de la fertilisation



Semer précocement le colza permet d’emmagasiner plus d’unités d’azote dans le sol. Pour augmenter la robustesse du colza, une fertilisation avant le semis s’impose. Elle permettra de faire face aux différents ravageurs et à leurs dégâts. Le choix de la variété est un facteur déterminant pour en venir également à bout. Il favorise la maîtrise des aléas climatiques. Cela doit se faire efficacement car il en va de la croissance des plantes.





Lutter contre les ravageurs



Certains ravageurs doivent être maîtrisés tout au long de la culture du colza. Les escargots et les altises sont les principaux ravageurs qui affectent l’implantation. Les dégâts de larves de grosses altises sont maintenant à assimiler dans les règles de décision. Lorsque le colza lève, les escargots et les limaces se nourrissent des feuilles. Les éliminer par une application de métaldéhyde ou d’un autre molluscicide est absolument nécessaire pour assurer une bonne implantation. Parfois il serait suffisant de l’appliquer en bordure de champ, mais il est plus judicieux de le faire sur toute la parcelle. Les altises quant à elles, mangent les feuilles de colza et causent des dégâts jusqu’au stade 3 à 4 feuilles de la plante. La totalité de la culture peut disparaître en une nuit en cas d’infestation grave par les altises. Dès leur première apparition il est préconisé d’appliquer des insecticides pour traiter la parcelle.



Afin de déterminer la présence des altises dans les champs, seule une méthode Berlèse donne une indication quantitative de celle ci. Une observation régulière est donc de mise afin de déterminer les risques agronomiques et réagir en fonction. Garantir au colza une biomasse et une dynamique de croissance suffisante à l’automne, est efficace pour résister aux ravageurs.







Somme toute, être prêt à semer le colza dès le 5-10 août serait l’idéal. Cette décision doit être prise en fonction des prévisions météo. Egalement, il faut semer avant et non après les pluies annoncées, même dans le sec. TalkAg est donc le bienvenu pour les agriculteurs désirant être accompagnés dans cette prise de décision. En effet, c’est un site de partage de savoir agricole dans lequel ils pourront être alertés à temps sur les conditions climatiques permettant de semer ou pas le colza. Des experts y sont pour les conseiller et partager leurs expériences. Les bonnes pratiques qui accompagnent la culture dans la croissance et cantonnent les risques de faims d’azote sont à retrouver sur Talkag grâce à une communauté de toute horizon prête à échanger. C’est un site qui informe et qui permet une certaine interaction entre professionnels de l’agriculture dans le monde.





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Source image : paysan-breton


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