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Grosbois Bastian

GESTION DU SYSTÈME FOURRAGER EN CONDITION DE SÉCHERESSE

Cela fait déjà des années que des épisodes de sécheresse, plus ou moins accentués et élargis, affectent les productions agricoles. Le changement climatique est un fait réel ; des études le confirment. L’élevage des herbivores est spécialement réceptif aux sécheresses estivales. Ces dernières compromettent la croissance fourragère et, de ce fait, la constitution des stocks hivernaux. Des solutions existent pour adapter son système fourrager à cette problématique. Il faille néanmoins l’anticiper.





Les différents types de système fourrager



Les systèmes d'élevage doivent assurer de façon continue tous les ans, une certaine adéquation entre l’offre en fourrage et la demande alimentaire du troupeau. Cela se fait en dépit des aléas climatiques. La croissance de l’herbe est un phénomène de saison très irrégulier entre années. Cela impacte fortement sur la constitution des stocks fourragers et de reports annuels. Les sécheresses, par nature imprévisible, accroissent cette distorsion entre offre et demande instantanée de fourrages.



En général il existe deux types de système fourrager à savoir : La production d’herbe des prairies et les cultures fourragères annuelles. Selon les régions, on trouve des systèmes fourragers purement herbagers, des systèmes mixtes et des systèmes entièrement à base de maïs. Quelque soit les plantes fourragères, elles n’ont pas exactement les mêmes capacités d'adaptations au stress hydrique. Rappelons que le déficit hydrique agit sur leur croissance. Lorsque le manque d’eau s’accentue, les plantes mettent en jeu des stratégies de survie. Celles-ci consistent en la sénescence accélérée de leurs feuilles, réduisant ainsi les pertes en eau, et l’accélération de la mise en réserve dans des organes de survie : stolons, rhizomes et base des tiges pour les graminées pérennes, graines pour les espèces annuelles. Ces différentes stratégies de survie leur permettent de faire face toutes seules au manque d’eau et de croître jusqu’au retour de la pluie.



L’adaptation des systèmes fourragers à la sécheresse



Les éleveurs doivent assurer, face au risque de sécheresse, une ressource alimentaire constante à leurs troupeaux. Et cela, malgré les pénuries fourragères plus ou moins longue durée. Ceci comporte une adaptation du système fourrager au risque de sécheresse ; ainsi qu’un assouplissement du système fourrager et du système d’élevage. Adapter stratégiquement son système fourrager à la sécheresse implique de faire des choix : date de vêlage, niveau de production laitière, type de production animale, et de systèmes fourragers (niveau d’utilisation des concentrés, part de l’herbe et du maïs ensilage, pâturage ou foin et ensilage). L’adaptation tactique concerne quant à elle la gestion annuelle et saisonnière du système fourrager. Cela se fait en fonction de l’évolution climatique à savoir: date de mise à l’herbe, gestion des stocks, utilisation des cultures à double fin.





Le maïs ensilage une ressource fourragère importante



La culture de maïs est devenue un élément indispensable des systèmes fourragers. En effet, son utilisation sous forme d’ensilage permet de sécuriser la constitution de stocks fourragers de très bonne valeur alimentaire. Ces stocks sont ainsi nécessaires pour l’alimentation hivernale des troupeaux. Ils peuvent permettre également de pallier l’absence de croissance d’herbe pendant les mois d’été. Cette culture constitue la ration unique des troupeaux de certains systèmes d’élevage. L’ajustement tactique de ce système vis-à-vis des aléas de sécheresse consiste en une double valorisation du maïs semé en sol.



Le maïs peut être remis en cause dans certaines situations



C’est un système, malgré sa simplicité et sa sécurité, qui bute sur un certain nombre de contraintes de divers sortes : restrictions locale de la ressource en eau ; problèmes environnementaux liés à l’importance du maïs dans les rotations ; problèmes économiques liés au coût de l’unité fourragère produite ; dépendance aux filières d’approvisionnement en complément azoté et minéral. Une absence d’irrigation peut faire varier la production de maïs ensilage dans de grandes proportions. Surtout en ce qui concerne les sols faibles en réserves d’eau.



Le sorgho grain ensilé, une alternative possible au maïs



Ensiler du sorgho grain pour l’utilisation par les bovins, est un processus qui prend de plus en plus de l’ampleur dans plusieurs régions. Il est souvent utilisé comme alternative au maïs en période de sécheresse. Il doit donc exister un point d'équipotentialité entre les deux cultures. Cela doit permettre de déterminer les situations où la culture du maïs reste favorable et celles où la culture du sorgho devient plus intéressante. Ce point d'équipotentialité est difficile à établir expérimentalement dans chaque cas car il est fonction des types de sol et du climat. L’introduction du sorgho dans les systèmes fourragers en substitution au maïs ensilage, quels que soient ses avantages agronomiques et environnementaux, implique qu’il puisse fournir des stocks fourragers de qualité comparable à celle du maïs ensilage ou du moins pas trop pénalisante au regard des exigences alimentaires des animaux.



Quelques conseils pour sécuriser son système fourrager



Inosys Réseaux d'élevage du Grand-Est donne quelques conseils pour sécuriser un maximum son système fourrager face au risque de sécheresse. Pour ce faire, il faut en premier établir une prévision fourragère chaque année. Ceci afin de mieux anticiper les situations de déficit fourrager. Egalement, il faut superbement maîtriser la fertilisation de ses prairies. Cela se fait par des apports d’azote et d’engrais aux moment opportuns. Dès que les conditions le permettent, il faut mettre à l’herbe. Afin d’augmenter les surfaces, il faut faucher précocement les prairies. Il est préférable de savoir valoriser l’herbe d’automne. Elle permettra de réduire les consommations de ration hivernale. Il faut augmenter sa surface fourragère en semant plus de maïs ou d’herbe ; augmenter sa diversité fourragère, ainsi que ses capacités de stockage. Les animaux à faible rentabilité doivent être diminués. Afin de permettre plus de surfaces pour moins d’animaux. C’est un sujet qui nécessite ample réflexion.







Les systèmes herbagers basés essentiellement sur la production d’herbe sont les plus sensibles aux aléas de sécheresse. C’est dû au fait qu’ils ne disposent pas le plus souvent sur place de ressources fourragères complémentaires de substitution. Dans ces situations de crise, Talkag, le site de partage du savoir agricole, est le canal adéquat qui permet de mettre en œuvre des pratiques de sauvegarde. Il est un recours pour effectuer des achats de paille et de concentrés dans le cadre de solidarités régionales ou nationales. S’adapter aux sécheresses peut s’avérer compliqué. Des éleveurs du monde se retrouvent sur cette plateforme pour partager avec leur confrère de nombreuses expériences. Echanger, partager et informer sont des moyens efficaces pour sécuriser son système fourrager.



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