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Pichon Gilbert

POURQUOI LA FRANCE SOUHAITE-ELLE SORTIR DU GLYPHOSATE ?

Dès sa prise de fonction, l’une des priorités affichée par le président français Emmanuel Macron dans le domaine agricole, n’a été d’autre que la réduction d’au moins 50% de l'utilisation des produits phytosanitaires jusqu’en 2025. Plus précisément, son ambition a été de sortir la France du glyphosate jusqu'en 2020 ; cet herbicide controversé. Cependant, des mesures d’accompagnement doivent être fournies aux agriculteurs. Qu’est-ce que le glyphosate ? Pourquoi suscite-t- il tant de débats ? Quelles sont les mesures d’accompagnement qu’il faut fournir aux agriculteurs ?





Le glyphosate, parlons-en



Pour les professionnels de l’agriculture conventionnelle, le glyphosate n’est pas un nom méconnu. En effet, il s’agit d’un herbicide utilisé pour éliminer les adventices (mauvaises herbes) dans les champs. C’est un produit fabriqué par l’entreprise “Mosanto” sous le nom de “Round Up”. Depuis quelques années, nombreuses sont ces entreprises qui fabriquent des produits à base de cette substance. Rien que pour l’année 2016, 9100 tonnes de matières actives du glyphosate sont vendues en France.

L’agriculture conventionnelle utilise le plus le glyphosate d’abord à cause de son faible coût, ensuite son efficacité et enfin son temps de travail assez réduit; des qualités qui ont facilité le travail agricole dans les zones peu accessibles par les machines agricoles. En France, l’utilisation du glyphosate n’est autorisée qu’en inter-culture.

Utilisé à grande échelle sur de vastes surfaces agricoles, ce produit suscite cependant une polémique quant à ses effets secondaires sur la santé de l’être ainsi que sur l’environnement.



Les effets néfastes du Glyphosate sur la santé humaine et sur l’environnement



Selon une étude publiée en 2015 par le centre international sur le cancer (CIRC), le glyphosate est un herbicide classé probablement cancérogène pour l’homme. Et donc, la majorité des personnes voudraient que cette substance potentiellement cancérigène soit retirée du marché français. Le glyphosate est néfaste pour la biodiversité. Une forte utilisation du glyphosate dans les champs concourent à la pollution de l’eau. Vu le caractère néfaste de cet herbicide, fin 2017, Emmanuel Macron s’est engagé à interdire l’herbicide « au plus tard dans trois ans », c’est-à-dire fin 2020; allant ainsi contre le désir de la commission européenne de prolonger le renouvellement de la substance sur 10 ans. Une décision qui n’est pas du goût des agriculteurs concernés par l’utilisation de l’herbicide.



Les alternatives proposées aux agriculteurs pour sortir peu à peu de l’herbicide controversé



L’INRA fait un travail sur les alternatives au glyphosate afin d’accélérer la transition. Parmi ces solutions, on trouve :

– « la destruction physique par le désherbage mécanique et le travail superficiel du sol, en particulier au cours de la période d’interculture pour les cultures annuelles, ou au pied des ceps et des arbres dans le cas de la viticulture et de l’arboriculture respectivement » ;

– « le labour pour assurer la destruction par enfouissement de l’ensemble de la végétation » ;

– « une somme de stratégies d’évitement partiel dont le recours au gel hivernal des couverts intermédiaires, via le choix des espèces adaptées, ou l’utilisation d’agro-équipements spécifiques permettant le hachage de la végétation » ;

– « la culture sous mulchs vivants, qui induit une modification profonde de la flore adventice et une limitation des adventices vivaces ou problématiques ».





La promotion de l’agriculture biologique pour pallier l’utilisation du glyphosate



Plusieurs options sont possibles pour que les grandes cultures laissent peu à peu l’utilisation du glyphosate dans les pratiques agricoles. L’une des options est la pratique de l’agriculture biologique. On entend par l’agriculture bio, une agriculture saine, respectueuse de l’environnement et qui n’utilise pas de produits phytosanitaires. En France, fin 2017, 1 777 727 ha se sont engagés en bio, soit une croissance de l’ordre de 15,6 % par rapport à 2016. Ainsi, 6,59 % de la surface agricole utile des exploitations sont conduits selon le mode de production biologique. En 2019, un hectare sur dix est exploité en bio en France, soit 2,5 millions d'hectares. La France se place au troisième rang européen en termes de production biologique derrière l'Espagne qui est le leader et l'Italie. La production biologique française a plus que doublé en cinq ans. L'agriculture biologique française représente ainsi 8,81 % de l'agriculture biologique européenne. De plus, la consommation des produits biologiques en France ne cesse d’augmenter.



En définitive, il convient de souligner que le débat sur le glyphosate est long et les avis divergent. À ce jour, la France a-t-elle réussi son pari dans la sortie du Glyphosate ?

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