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Pichon Gilbert

DÉTRUIRE LE COUVERT VÉGÉTAL AU BON MOMENT POUR EN FAIRE PROFITER LA CULTURE SUIVANTE

Les effets qui pénalisent les potentiels des couverts végétaux sur la culture suivante et sur la structure du sol sont liés aux erreurs dans les pratiques culturales. Ici, il faut mettre l’accent sur l’importance d’une bonne destruction de couvert. Certains agriculteurs préfèrent détruire tardivement les couverts afin d’avoir tous les bénéfices agronomiques de ces derniers. Et pourtant, plus le couvert est détruit tardivement, plus le risque de perturbation des conditions d’installation de la culture suivante ou d’en limiter les disponibilités en azote et en eau devient grand. Les contraintes liées à la directive nitrates, au matériel disponible et aux objectifs de l’agriculteur doivent également être prises en compte. Quelle est la date idéale pour la destruction des couverts ? Quelles sont les techniques adaptées pour une meilleure destruction des couverts ?



Le moment idéal pour détruire le couvert végétal



Il faut savoir que la date de destruction du couvert est importante. Elle vise à faire coïncider la période de forte minéralisation avec la période d’absorption de la culture suivante.



Détruire le couvert selon l’espèce implantée : La date de destruction n’est pas la même pour toutes les espèces. Il faut tenir compte de la montée à graine des espèces pour décider de la date de destruction. Si le couvert est composé de légumineuses, avec un rapport C/N (Carbone/Azote) plus bas et un cycle de développement plus long, on peut attendre pour la destruction car la minéralisation peut se faire plus rapidement.



Détruire le couvert selon l’objectif visé par l’agriculteur : Si l’agriculteur veut enrichir son sol en matière organique, il peut laisser le couvert se lignifier pour avoir un rapport C/N adéquat.

En cas d’implantation de légumineuses pour fournir de l’azote à la culture suivante, il faut attendre leur floraison pour détruire le couvert.

Enfin, si le but est de piéger les nutriments et éviter la lixiviation d’azote, il faut attendre les symptômes de carences en azote du couvert.

Afin de limiter les fuites de nitrates, le couvert doit être maintenu pendant les mois d’octobre et novembre. Le laisser plus longtemps n’est pas nécessaire pour cet objectif. Pour éviter des difficultés au moment de la destruction et permettre au couvert de se décomposer et de fournir une partie de l’azote piégé, les besoins d’azote de la culture suivante doivent être pris en compte : à besoin d’azote précoce, destruction du couvert précoce (mi-novembre). Pour les cultures dont les besoins d’azote sont plus tardifs, la destruction peut intervenir plus tard.



Détruire le couvert selon la culture suivante : En culture de printemps, le couvert doit être détruit environ deux mois avant le semis de la culture suivante, afin de laisser le temps aux résidus de se décomposer et de ne pas avoir d’effets dépressifs pour la culture suivante.

En culture d’automne, il est possible de détruire le couvert juste avant le semis de la culture suivante sans avoir d’effet dépressif. La période d’automne et d’hiver permet à l’azote du couvert d’être minéralisé et à la réserve en eau du sol de se recharger avant la montaison de la céréale.



Détruire le couvert en fonction du type de sol : Le couvert met plus ou moins de temps à se décomposer selon le type de sol. Dans un sol argilo-calcaire, les graminées et les céréales se décomposent très mal en sortie d’hiver. Un sol lourd nécessite souvent une destruction précoce du couvert car le ressuyage est assez lent, tandis qu’un sol léger, battant et ressuyant correctement, supporte une destruction plus tardive.





La meilleure technique adaptée pour détruire les couverts végétaux



Roulage, broyage, labour, travail du sol ou encore gel, les techniques de destruction sont multiples et plusieurs facteurs doivent être pris en compte pour choisir le mode de destruction du couvert.



Selon le matériel disponible : Il va de soi que l’espèce du couvert végétal est bien sûr à choisir en fonction du matériel à la disposition de l’agriculteur.



En cas de non labour : Il faudra alors choisir des espèces qui peuvent être détruites autrement que par le labour, comme les espèces gélives par exemple.



En fonction de la portance du sol : Si l’accès aux parcelles pendant l’hiver est difficile d’accès du fait de sols non portants, il faut privilégier les espèces qui peuvent être détruites par le gel ou qui peuvent être mécaniquement détruites au printemps. Malgré ces préconisations, il faut surveiller le couvert et être prêt à intervenir. C’est le cas des espèces gélives : s’il n’y a pas eu de gel avant le 31 décembre, il faudra alors envisager une destruction mécanique. Ou, encore, si vers la mi-novembre, une espèce est en floraison, il faut alors intervenir mécaniquement pour éviter toute montée en graine.





En définitive, il convient de retenir que la date de destruction de son couvert végétal ne doit pas se faire en fonction de son humeur, du beau temps qu’il fait. Il faut connaître l’espèce choisie, et détruire au bon moment afin de permettre à la culture suivante de tirer le profit maximum du couvert.



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